Sunday, October 9, 2022

Zarzis, mémoires dans la mémoire.

 





                  




Dans le tumulte de l’inquiétude au sujet des disparus en mer et les recherches par tout le monde d’éventuels signes de survie des jeunes migrants, l’action mémoire de la mer et de l’homme, aussi solidaire soit-elle, n’a pu s’activer dans l’aval du phénomène, car par principe, elle milite depuis 1995 dans l’amont pour la sensibilisation, la dénonciation et la colère contre les preneurs de décisions de part et d’autre la mer anthropophage. Une attitude qui ne plairait pas au populisme en vigueur au point que les gens, même les touchés, refusent de visiter le « musée des migrants » par ce qu’ils ne supportent pas de voir la vérité en face et d’admettre les risques de cette aventure périlleuse. Sans fléchir, l’action depuis ladite date, à toujours mener un combat non-stop par les textes, la poésie, les films documentaires, le musée et les configurations artistiques. Par ce dernier procédé, Boughmiga est au huitième assemblage qu’il commença ce matin, en fusionnant les mémoires de quelques livres de sa bibliothèque et celles des chaussures des victimes de la mer rassemblées depuis le début du drame. Une fusion, visuelle et tactile, simulant une planète pleine de chaussures, au milieu de laquelle un bateau de migrants portant des clandestins avec des livres comme un porte containers fonçant obstinément vers le nord. D’autres livres épars entre les chaussures, de par leurs auteurs et titres, rayonnent d’une correspondance presque vivante entre la réalité et la noblesse des valeurs intrinsèques de la civilisation humaine. Ainsi, Nietzsche, Musil, Rousseau, Diderot, James Joyce, Jack London, Gibran, Dostoïevski, Voltaire, Dante, Cervantes, Soljenitsyne, Zola, Chaala Mejai, Steinbeck, Moncef Chebbi, Habib Khenissi, Hemingway et bien d’autres livres de philosophie, s’affalent entre les chaussures diverses, à partager et véhiculer la mémoire collective des uns et des autres, dans un appel de justice, d’équité et dignité humaine. Une proximité de valeurs, d’idées et d’histoires, malheureusement trahies par l’inadéquation des violences avec la noblesse de la civilisation humaines acquises à travers les guerres dans l’histoire.

                   Le bateau de fortune des migrants clandestins, est aussi en vérité, un porte containers, plein de livres vrais et virtuels, portant l’essence de la mémoire collective, dans un élan de vie et de sagesse.

                                              Lihidheb Mohsen 09.10.2022

                                Action mémoire de la mer et de l’homme Zarzis.    

Saturday, October 8, 2022

Zarzis, douleurs collectives

 


 


Quand la tristesse prend une ville entière,

Vivant par les vagues de l’espoir,

Et de permanentes idées noires,

Où des enfants, des pères et des mères,

Manifestent criant leur colère,

Car leurs enfants sont partis en galère,

Dans l’impitoyable bleu de la mer.

Entre les infos et de faux espoirs,

Qu’ils seraient en Lybie vivants,

Et reviendront incessamment,

La vérité reste à savoir.

Un problème de grande envergure,

Qui touche les pauvres de monde,

Qui tendent vers la verdure,

Et une vie juste et féconde.

On ne peut qu’espérer et supporter,

Pour ces victimes et leurs parents,

Des sentiments de compassion,

Et une vraie solidarité.

Comme, bien d’autres villes ailleurs,

Zarzis, subie cette fois,

Un nuage de désarroi,

D’angoisse et de grande peur.

Quand dix sept personnes et un bébé,

Partirent vers un paradis supposé,

Sans ne parvenir là-bas ni revenir,

Perdus, sans signaler leur devenir.

                         Hommage aux victimes de la mer,

Les retrouvées et les absents encore,

Que leurs malheureuses mères,

Résistent à ce drame des plus forts.

 

Lihidheb Mohsen 08.10.2022

Zarzis, espoir d'une ville.

 Dans l'attente, dans l'expectative, devant la disparition de nos jeunes, dans une mer intempestive, et attendant à la dérive, d'éventuelles rescapées mortes ou vives... un espoir, une attente, que Dali, Lina et Zineb...devancèrent en sillonnant les plages, encore et encore, de jour en jour, de semaine en semaine, de mois en mois, peut être jusqu'à l'oubli, mais la mémoire collective, ne fléchira jamais, de combattre à la mémoire de ces martyrs de la bêtise humaine et de l'injustice universelle. "Boughmiga le néandertalien, mémoire de la mer et de l'homme Zarzis".


Espoir et colère

 Depuis mercredi dernier, 21 sept 2022, de la plage de Bennana Souihel Zarzis, à vingt heures, ce sont dix sept personnes, dont des femmes, des adolescents et un bébé, ont pris la mer vers Lampedusa, dans des conditions climatiques difficiles....et depuis aucune nouvelle, ni à l'arrivée, ni en mer ni même en Lybie, où la tempête les aurait rejeté. Les recherches ont été vaines que ce soit par les citoyens, les autorités et les pêcheurs de la région, sans le moindre indice, la moindre épave....laissant les familles meurtries et la région dans l'expectative et la douleur... Encore un drame, chez nous cette fois, juste en face, du quartier, pour que les gens comprennent une fois pour toute, que la migration clandestine est un problème universel et devrait être maitrisée d'urgence. Compassion et solidarité avec les parents des disparus et dénonciation de cette situation de non assistance à personnes en danger par les preneurs de décisions... "Action mémoire de la mer et de l'homme Zarzis".




Saturday, September 10, 2022

Commémor'action à Zarzis.

 





                 






Du trois au six septembre 2022, un collectif d’associations et d’organismes engagés à la cause de la migration humaine, avait organisé des ateliers, des débats, des tables rondes et une procession de protestation passant par l’édifice officiel de Zarzis, la mer puis le port de la ville et ce, pour une bonne centaine de personnes du Maroc, des pays du sahel, d’Espagne, d’Allemagne et d’Italie. Une Commémor’action réussie, si les organisateurs n’avaient pas occulté sciemment certaines étapes obligatoires d’un aussi grand évènement, ne serait ce que pour la mémoire des morts et disparus. En tant que participant indépendant et presque intrus, malgré que je milite en plein dans le sujet depuis 1995, j’était comblé par le degré de militantisme des amis de Oujda au Maroc, des militants du sud du Sahara et bien d’autres valeureux pour la cause humaine. Bien que ce ne soit pas programmé ni annoncer pour les éventuelles initiatives individuelles, deux groupuscules avaient visité le musée des migrants « mémoire de la mer et de l’homme », le soir du départ, sous les lumières des lampes, et furent surpris de l’intensité de l’action pour la mémoire des victimes de la mer. Quand  Boughmiga le néandertalien avait dit à l’un des visiteurs, qu’en 2004, quand une visite de groupe d’un séminaire dans un hôtel de la région, au sujet de l’art naturel, tout le monde avait affirmé que le musé comportait déjà amplement le sujet dans ses dimensions acquises et réalisées…alors de son côté le participant de la Commémor’action, avait répondu qu’effectivement l’action mémoire de la mer et de l’homme Zarzis, depuis 1995 commémore chaque jour la mémoire des morts et disparus de la migration et ce, par la sensibilisation directe à travers, l’art, les configurations, les assemblages, les médias, les poèmes, les textes, les films documentaires, le musée, la visite des écoles, les exhibitions, l’emploi fictif des futurs migrants Africains juste pour les sensibiliser et la communication directe avec les jeunes. Un travail d’humanité et d’engagement universel, loin au-dessus des calculs mécaniques des conjonctures…

                  Avec le respect dû, au collectif des mères qui ont perdus leurs enfants dans la mer, aux militants de tous bords qui font de leur mieux pour redonner un peu de justice à la dignité humaine, je remercie les organisateurs, quand même, pour cette occasion acquise grâce au militantisme global de Zarzis et la possibilité d’avoir une documentation qui n’a jamais été vu avant cette date et qui permis d’avoir une idée sur les conflits en la matière et les formes de résistances en vigueur.

                    Lihidheb Mohsen « mémor » action mémoire de la mer

                                       et de l’homme Zarzis 07.09.2022

Friday, September 2, 2022

Drames et melons, en mouvement...

 







                  


La septième configuration artistique de l’action mémoire de la mer, visant à sensibiliser les gens aux devoirs écologiques et à prévenir les jeunes des risques de la migration clandestine par mer, et ce, malgré leur droit absolu à circuler dans le monde et tendre à avoir un bien être normal. Un assemblage, composé de chaussures de gens perdus en mer, entassées en forme de globe dans une multitude d’étoiles et de galaxies, en mouvement dans l’univers. Avec au milieu le fameux bateau fictif des clandestins plein de boules noires simulant les migrants et à l’avant de laquelle une tête de bélier allant vers le nord pour défoncer les forteresses du refus.

                    Avec cette approche relativement classique de l’action, une idée de circonstance vint s’imposer et voir son parcours aboutir de jour à l’autre. En effet, dans l’esprit d’une chanson populaire très ancienne, une sorte de compassion humoristique et populaire, disant : « Quand le veuille Dieu et quand le veuille Allah, si je meurs et il en décida, mettez ma tombe sur la route, pour que les passants vont et viennent sur moi et plantez dessus un plant de pastèque et dans le fruit plantez un couteau, pour déguster les délices de la vie. »

                    A partir de là, pour joindre l’idée fantastique à l’action, j’avais commencé à faire des trous autour du globe de chaussure, en préparation à planter des pastèques, des melons et des tournesols. Malheureusement, l’eau du robinet utilisée pour l’irrigation était improductive et celle de la citerne d’eau de pluie très rare et limitée à la consommation stratégique. Plusieurs fois, les semences ne poussaient pas au point d’avoir penser à faire forer un puits de surface pour une irrigation biologique. Ce fut fait, malgré le peu de moyens et avec quelques plants de tournesol qui se fanèrent juste après avoir fleurie, les pastèques et les melons ont poussé et ont donné des fruits succulents. Dans l’esprit de la chanson, à la mémoire des victimes de la migration clandestine, tout le monde avait mangé de ce noble fruit, les visiteurs, les voisins et les clients du café culturel de Souihel, qui eurent droit à trois jours de distribution gratuite de pastèques frais. Il n’est pas toujours facile d’expliquer la corrélation entre, les fruits, les configurations, le respect de la mémoire et ladite chanson de nos sages ancêtres.

                   Ainsi, l’action mémoire de la mer et de l’homme, peut affirmer, qu’elle a pu suivre et réaliser trois itinéraires différents insolites, soit, le parcours incroyable suite à une bouteille à la mer qui avait amené Boughmiga et sa femme jusqu’au nord de la Tunisie avec plein d’aventures, puis la procession de mariage fictive effectuée à la mémoire d’une fille morte avec les migrants victimes de la mer et enfin, voici, une idée de compassion différente, avait à travers une chanson populaire et une configuration artistique, amené Boughmiga à forer un puits pour l’irrigation des plants nécessaire au tableau. Une réalisation géniale, d’après plusieurs témoins, puisqu’elle s’inscrit dans l’écologique, l’art, l’humain et la survivance des éléments de la vie.

                                                 Lihidheb Mohsen 02.09.2022

Monday, June 20, 2022

Journée mondiale des refugiés...

 


Journée mondiale des réfugiés
.

 

A la journée mondiale des réfugiés,

Je me refuge dans mes idées,

Séjourne dans ma passivité,

Ecoute les échos des cris des émigrés,

Regarde l’iniquité et la souffrance,

Attends que la providence,

Les solutions toujours tardives du ciel,

Résolvent ce malheur éternel.

 

Lihidheb Mohsen 20.06.2022

Sunday, June 19, 2022

Des chaussures et des fleurs

 


Des chaussures et des fleurs…

 

Dans le même esprit de compassion, de véritables sentiments,

Avec les chaussures des naufragés, assemblées et configurées,

Des plants de tournesols poussèrent,

Dont les fleurs cherchaient la lumière,

Pour participer à l’élan de solidarité,

Avec les victimes de la migration illégale,

Et dénoncer cette injustice monumentale.

 

Lihidheb Mohsen 19.06.2022

Monday, May 23, 2022

Une pastèque sur sa tombe.

 




                   


Sans cynisme, ni fétichisme quelconque, les configurations et assemblages de l’action mémoire de la mer et de l’homme, sont des œuvres de land-art pour sensibiliser à la nature et à l’humain, composées généralement par des objets trouvés sur les plages provenant de la mer et quelques fois les chaussures des migrants clandestins victimes de cette traversée dangereuse. Maintenant, Boughmiga est à son septième tableau, dans l’espace de l’action et voilà la dernière qu’il vient de finir. Un grand cercle sous forme de globe, plein de chaussures de migrants divers, avec au milieu un bateau plein d’ampoules géantes et une tête de bélier dirigée vers le nord comme pour défoncer les murailles d’une forteresse, ainsi que des lampes de néants signalant les sillons du mouvement de l’embarcation et encore celui de la planète en route vers d’autres constellations. Bien sûr, les ampoules embarquées symbolisent les jeunes pleins d’énergie et de vie avant de se faire éteindre par manque d’oxygène. Plusieurs centaines de souliers couvrent le globe et interpellent le spectateur à l’ampleur du drame qui malheureusement perdure. Autours de l’installation, plusieurs plants de tournesol et de partèques ont été irrigués, malgré le climat désertique, afin de donner un peu de verdure et de vie, à cette mémoire vive des disparus en mer. Boughmiga, dans un élan de solidarité et après une longue réflexion, se rappela de joindre les significations d’un très ancien poème populaire, avec le sujet de l’assemblage. « A Allah le respect, la volonté est à Dieu, si un jour, je meurs s’il le veut, mettez ma tombe sur la route, pour que sur moi les passants vont et viennent, plantez une pastèque sur ma tombe et mettez un couteau dans son fruit, pour que mes dents en dégustent la vie ». Une démarche fantaisiste, qui veut planter des pastèques et des tournesols, juste à côté de la configuration des chaussures des victimes de la mer, en guise de respect à leurs âmes, de l’investissement du vivant dans leurs mémoires et inscrire l’approche dans le mouvement éternel de l’éternel.

                      De toutes les façons, cette installation restera Inchallah, jusqu’en Aout, quand les pastèques seront bien mures que ce soit sur place ou bien achetées du Souk Lerbaa. Une dégustation collective sera organisée avec certains parents de victimes et les clients du café culturel de la place, Souihel. La compassion et la solidarité, ne sont pas seulement par la dénonciation, les cris, les paroles, les attentes…mais aussi par le partage de ce qui reste de la vie et impliquer l’absent, dans le mouvement.

                                                                   Lihidheb Mohsen 23.05.2022

Les larmes rouges.

 

 


Rien ne tourne, rien ne bouge, rien ne va plus,

Dans cet instant, de semblant de vérité absolue,

Quand les mères des jeunes perdus en mer,

Visitèrent, amères, la collection des chaussures,

Des vêtements, des objets personnels divers,

Pour étaler leur mémoire à la lumière.

Ensemble, alors, elles éclatèrent en sanglots,

A crier leur détresse et plaintes en écho,

Et leurs larmes chaudes s’entre-mouillèrent,

Pour noyer aussi avec les galères.

Des larmes profondes d’amertume et de sang,

Qui dénoncent la perte de leurs enfants,

Et que seules, elles peuvent sentir,

Et prévenir aussi aux autres, ce triste avenir.

Il fallait donc avant le déclenchement de chaque guerre,

Avant chaque passage de clandestins par la mer,

Avant chaque enclenchement de violences,

Avant chaque génocide qui s’annonce,

Que les preneurs de décisions dans ces cas,

Seraient obligés dans l’immédiat,

Et commencent par sentir l’ampleur du malheur,

Pour les hommes, les autres et les leurs,

Afin de réaliser ce que sentent ces braves mères,

De Tunis, Zarzis, Tata et d’ailleurs,

Qui entre amertume, détermination et colère,

Resteront debout, à chercher la vérité,

Et dénoncer vigoureusement l’iniquité.

Beaucoup de soutien à ces mères dans leur malheur,

Qui touche les hommes dans le cœur,

Et résume touts les maux en vigueur,

De guerres, d’angoisses et de peurs,

Qu’il faudrait avec la Baraka de ces femmes,

En finir avec ces terribles drames.

 

Lihidheb Mohsen 10.05.2022

« Lors de la visite des mères des perdus en mer

 Au musée mémoire de la mer et de l’homme Zarzis