Saturday, February 19, 2022
Bateau fantôme.
Friday, January 28, 2022
La ruée en masse vers le nord.
Ténéré-Zarzis-Lampedusa.
A la trace des empreintes
humaines, dans la mer, dans le désert ou sur les plaines, Boughmiga le
néandertalien dans son action éco amicale, continu sa cavale, en faisant des
assemblages, configurations et collages, à travers d’objets provenant de la mer
ou d’autres de migrants en galère, afin de sensibiliser les preneurs de
décisions, à trouver une solution, à ce drame toujours persistant. L’image est
bien claire, du parcours de nos frères, partant du cœur de l’Afrique, de ville
en village, à travers les plages du désert, pour faire le Ténéré et son arbre
légendaire, pour parvenir difficilement à coté de la mer et de Tripoli, Zouari
ou Zarzis, grâce aux passeurs et complices, jusqu’au milieu des eaux à
Lampedusa, encore une étape, d’étape en étape, jusqu’au pole des lumières, à
l’imago des chimères, mais comme même, il y aurait de quoi manger, un refuge et
de la santé. Bien sûr, sans faire l’apologie à une triste aventure, qui
perdure, il serait plus juste et serein, de donner à cette ruée vers le nord,
des visas et des passeports, pour rester dans la légalité, d’un droit convenu
de liberté. Le monde appartient à tout le monde, la terre et l’existence aussi,
la justice recouvrera ses acquis pour un Homo Sapiens Sapiens réfléchis…
Lihidheb Mohsen éco
artiste Zarzis 23.01.2022
Saturday, December 25, 2021
L' attraction infernale
Encore une fois, le drame continue, encore, de plus en plus fort, partout des morts, sur les plages d'El Ketf, sur les plages de Zarzis, partout des malheurs, partout des douleurs, nul n'en réchappe, deux frères, un bébé, des Africains, trahis par le destin, par les bateaux, par les passeurs, par les vagues géantes, par la mer montante, par l'attraction infernale vers le nord... qui a raison qui a tort, sans remord, le drame continue, au vu et au su des preneurs de décisions, des grands, des avares de visas, des coupables de non assistance à personnes en danger, des milliers, des millions, de jeunes et de grands, laissés à la faim, à la soif de liberté, laissés aux maladies, aux obstructions à la vie.... pardi, il faut bien une solution, pour de bon, la terre appartient à tout le monde, tout le monde fait parti du monde, libre de circuler, dans le respect et l'équité.... Que faut il encore, pour que ce drame finisse, pour que le nord qui a fait auparavant plein de torts, ne se décide à ouvrir ses portes à la migration naturelle, aux déplacements individuelles et collectives, à rendre à ce petit monde des pauvres, le peu de justice et de bien être dont ils ont droit, au dessus des gouvernements et des lois, comme il se doit, pour la survie des hommes et la solidarité entre les peuples.
Tuesday, December 7, 2021
Mamadoucide...
Ô courroux, Ô rage, Mamadoucide et Mamadouphage,
Au fond des bateaux ou sur les plages,
Entre les dunes du désert ou en
pleine mer,
Dans les ghettos ici et là-haut, dans
la misère.
Des masses humaines, discontinues,
linéaires,
Remontent la pente, vers l’autre
hémisphère,
La vie entre les mains et l’espoir
dans les cœurs,
Les enfants sur les dos et les enceintes
d’abord,
Dans une ruée de survie vers la
verdure du nord.
De galère en galère, avec le folklore
de la guerre,
Les reportages, la poésie et les
films documentaires,
Comme si on accompagnait ce malheur
cynique,
Et acceptait de fait, cette violence
inique.
Ô courroux, Ô rage, vous aurez les droits,
certain,
Au soutien solidaire, des hommes de
bien,
Et des larmes hypocrites des preneurs
de décisions,
Des pays de départ et ceux des
supposés grands.
Vous aurez la liberté, de mourir où
vous voulez,
Ne craignez rien, vous en aurez de la
dignité,
Dans un jardin magnifique ou un
paradis d’Afrique,
Entre le marbre, les mosaïques et les
briques,
Comme si votre vie de souffrances et
de peurs,
De toutes les recettes terrestres de
l’enfer,
Seront compensés par un savant
cimetière,
Dont le prix de la tombe, vous aurait
suffi sur terre.
Peut-être voulait on effacer vos
souffrances,
Et les transformer en macabres
romances,
Ce qui ne peut cacher la noblesse,
De votre mémoire en éternelle détresse.
Heureux sont ceux qui résistent à l’injustice,
Et toutes les formes du mal et de la
violence,
Dans la brousse, le désert et la mer,
Et contre ce monde tordu et pervers.
Heureux sont ceux qui accueillent
leurs frères,
Les cœurs grands et les bras ouverts,
A Zarzis, à Lampedusa, à Riace et au-delà,
Pour un vivre ensemble comme il se
doit,
Malgré les difficultés et les lois.
Heureux seront ceux qui changeront
les législations,
En faveur des gens en mouvement,
Et d’un monde équitable et universel,
Pour une solidarité humaine sans
appel.
Lihidheb Mohsen éco artiste
07.12.2021
Tuesday, November 30, 2021
La Manche ou la Méditerranée...Kif Kif.
Comme si l’on ne meurt pas dans les mers du nord,
Comme si la mort n’arrive que dans la
méditerranée,
Où sous les murs de la honte et de
l’esprit retord,
Et entre les dunes brulantes du
désert du Ténéré.
Il n’arrive pas qu’aux autres, le
malheur,
D’ailleurs, vous en faîtes, la triste
histoire,
Par du cynique ou par l’involontaire,
Et voilà les migrants qui en subissent
la terreur.
Une sorte de génocide, atroce et conscient,
Un ghetto, une shoah, un pogrom permanent,
Qui frappent ensemble ou à son tour
chacun,
Les pauvres du monde, les futurs vrais
humains.
Pourquoi s’offusquer quand dans la
manche on se noie,
Pendant que chaque jour la mort prend
partout des migrants,
Au vu et au su des preneurs de décisions,
Qui refusent les solutions dignes de
foi.
On peut crier tant qu’on veut, scander
le naufrage,
Faire des poèmes, des films et des
tirades amères,
Ce ne seront que les complices du folklore
de la guerre,
Qui acceptent les faits, composants
le paysage.
Quand ils sont déjà morts, dans la
mer ou dehors,
Leur faire un paradis d’Afrique, en
fresques et mosaïques,
Ou leur faire des prières, coraniques
ou bibliques,
Il serait bien trop tard, pour ces
innocents pourtant forts.
Alors, il faudrait, laisser faire
laisser passer,
Les hommes autant que les
marchandises, en vigueur,
Et investir dans les pays en
difficultés,
Un peu de ce qu’avaient chiper les
conquistadors-mineurs.
Ah, pourtant, elle tourne, la
manivelle,
On est déjà, presque les mêmes dans
les gouts,
Dans la consommation sauvage jusqu’au
bout,
Et notre avenir serait forcément,
universel.
Car de toutes les façons, Mamadou, de
la brousse,
Investira le monde en réponse à la
nature,
Avec sa vigueur, ira toujours vers la
verdure,
Vers un monde, en manque de sagesse.
Lihidheb Mohsen Eco artiste
28.11.2021
Friday, November 26, 2021
Le nord de l'espoir.
C’est avec le vent du nord,
Qu’arrive l’indispensable pluie,
Arrive aussi la nuit la fraicheur
Après chaque, Sirocco fort.
C’est du nord que les vagues arrivent,
Apportant des objets flottants,
Des bouteilles et des planches sur les
rives,
Utiles à nos cabanes de paysans.
Avec les stupides guerres mondiales,
Arrivaient aussi des corps humains,
Comme il en est maintenant,
Des victimes de la migration
naturelle.
Un état des faits qui se développe,
durable,
Comme le fait l’intelligence aussi, incapable,
D’améliorer la vie des hommes,
partout
Et garantir un relatif bien être,
pour tous.
Voilà donc, habitué à trouver
quelques fois des corps,
Boughmiga, tomba sur un ballon
d’enfants en couleurs,
Dans lequel, ils auraient investi du bonheur,
Pour réchauffer les cœurs et
condamner la mort.
Fallait-il, que ce monde soit géré
par les enfants,
Par les rêves et l’entrain innocent,
pratiques,
Et arrêter toutes les violences, iniques,
En donnant à la vie, ses chances pour
de bon.
Lihidheb Mohsen 26.11.2021
Mémoire de la mer et de l’homme.
Wednesday, November 3, 2021
Riace....ce qu'il fallait.
Riace, Zarzis, Camini, Badolato, Capo Rizzuto… et bien d’autres villes, avaient accueillis les migrants à bras ouverts, sans réserve ni précautions. Un geste de solidarité et d’humanité, qui sied à toute population qui se respecte et intègre les mouvements humains, depuis la nuit des temps. Une cohésion fructueuse sur les plans culturels, sociaux et même économiques, ce qui avait été démontré dans les exemples cités. Dans le livre de Lucano, « Grâce à eux », il est question d’une expérience dans le sud de l’Italie, où les villes du littoral sud, avaient reçu les vagues de migrants échouées sur les plages désertes. Dans une démarche assez pertinente, le, s migrants avaient pris place parmi la population pour animer les maisons abandonnées, rouvrir les écoles, assurer les travaux agricoles et réanimer une activité artisanale en décadence. Bien sûr, les tracas administratifs, le financement et l’encombrement, n’avaient pas facilité les choses. Le rôle du maire Mimmo Lucano, ainsi que les militants sociaux sur place, étaient déterminants pour coordonner ce mixage inter culturel. Il parait qu’il est maintenant incarcéré pour de supposés délits relatifs à cette période et Boughmiga, revendique haut et fort sa libération, des griffes de la voracité de la droite et le milieu mafieux. Comme le hasard fait bien les choses, une bouteille à la mer, avec un joli texte, était parvenue à Boughmiga en 1997, sur les plages de Lemsa, peut de temps avant l’arrivée des migrants en Italie du sud en question, et dans laquelle, l’expéditeur voulait faire connaitre son village au monde, à travers les vagues de la providence, l’art et la poésie. Une requête qui paradoxalement fut comblée, par l’arrivée du boat people à cet endroit et que Boughmiga avait entendu dans les informations à la télé. La vie fait bien les choses, mais le retard dans la prise de connaissance de ce qui se passe de l’autre coté de la mer, l’occultation médiatique sur certains sujet et le manque de communication, surtout avec l’Italie proche, étaient étonnants, surtout quand il a fallu une décennie presque pour être à jour de cette odyssée humaine. Ce n’était qu’en 2019, qu’un groupe de militants avait informé Boughmiga de l’histoire de Riace, pour laquelle, il avait aussitôt écrit un poème de solidarité et de reconnaissance.
Comme Riace…
Comme Riace, la mer descend avec le
vent,
Avec les vagues et les caprices du
temps,
Les bateaux guerriers de Carthage et
d’Athènes,
Les hordes de dauphins et les belles
sirènes,
Et voilà encore, à sa grandeur et
honneur,
De la brousse arrivent des frères et
des sœurs,
Pleins d’angoisse, de désarroi et de
peur,
Et pleins de sagesse et de bonté de
cœurs,
Que Riace accueille dans son nid,
Entre migrants pacifiques et gens du
pays,
Une poignée de mains entre les hommes,
Au dessus des lois et des dogmes,
Pour déconstruire des préjugés
gratuits,
Et faire de la convivialité un mode
de vie.
Comme Zarzis, comme Riace, des cas
écoles criants,
Dans l’histoire et le parcours des
migrants,
Pour rester des tremplins pour un
monde meilleurs,
Pour un monde solidaire, sans visas
ni frontières.
Lihidheb Mohsen 02.08.19
(En hommage aux habitants de Riace,
Son maire Lucano, aux militants de
Zarzis,
La caravane des migrants
Et touts les combattants de la
liberté.)
Saturday, September 25, 2021
Les postulants Africains, à la migration.
Dans mon espace écologique, mémoire de la mer et de l’homme, j’ai eu l’occasion d’employer plusieurs ouvriers des migrants Africains. Une bonne quinzaine, chaque jour une personne différente, juste pour aider et partager ma maigre retraite de fonctionnaire. Dans le parcours de cette action, j’étais confronté à l’écologie humaine en trouvant sur les plages les vêtements et chaussures des naufragés en mer, peut être morts entre la Lybie et Lampedusa. Depuis 1995, je faisais des assemblages de ces objets et avec des textes et poèmes, je dénonçais haut et fort cette iniquité vis-à-vis des pauvres de ce monde. Un cri de colère sans équivoque contre toutes les violences et particulièrement celle-ci qui perdure, malheureusement jusqu’à nos jours. Pourtant dans les années quatre vingt dix et avant, quand il n’y avait pas de visa restrictif, les gens allaient et venaient en Europe, sans problèmes notoires, alors que depuis les restrictions, la frustration collective à pousser les jeunes à la migration clandestine en traversant la mer dans des conditions dangereuses. Maintenant, en plus des milliers qui avaient traversé la mer à partir de la Lybie, de la Tunisie et d’ailleurs, d’autres centaines sont venus d’Afrique noire par avion, pour avoir un pied à terre juste avant de trouver l’occasion de faire la traversée vers Lampedusa. Malgré qu’ils soient de bons travailleurs, affichant une bonne conduite et une moralité certaine, ils ne comptaient pas s’intégrer en Tunisie, attirés irrésistiblement par la ruée vers le nord.
Ainsi,
obligés de voir ma collection triste de chaussures et de vêtements de migrants
perdus en mer, je ne leur en parlais pas au début mais juste en les payant pour
leur journée de travail, que j’évaluais l’impact des risques sur leur vision
des choses. La majorité ignorait le paysage, comme s’il n’existait pas, une
attitude de refus d’accepter la dure réalité et d’en réchapper, mais plusieurs
aussi avaient déclarer leur inquiétude, leur désarroi, leur hésitation et leur
réserve devant les risques d’une traversée controversée par la mer. Bien sûr, je
ne faisais rien pour les dissuader, mais je les prévenais clairement de ce genre
d’aventures, tout en les invitants à apprendre un métier, s’assumer pleinement
et faire des démarches pour un visa et un déplacement régulier. Il m’a tout de
même sembler que j’étais grossier et cynique, en m’adressant à des gens qui
avait quitté leurs familles, traversé le désert, subit les ghettos de la Libye,
essayé la traversée à plusieurs reprises…, alors qu’ils sont à la dernière
étape de leur calvaire. Par principe d’humanité, je devais être clair à chaque
fois, sans tomber dans les politiques de rejet et de refus, ni afficher une
attitude de complaisance et de légèreté, vis-à-vis d’un sujet aussi grave et
dangereux.
L’un
des jeunes Africains, avait été invité pour déjeuner dans le local du musée, à
cause de la chaleur insupportable et quand il était parti, l’après-midi, j’ai
vérifié par hasard ce qu’il avait touché des objets exposés, alors j’ai constaté
avec étonnement, puis avec admiration, que c’étaient les arcs et flèches ainsi
que la cithare Africaine, qui avaient été touchés. Une sorte de retour aux
sources, aux origines et à l’identité de chasseur cueilleur et musicien.
Chaque matin, au village, ils sont des dizaines à attendre du travail,
ou à circuler à bicyclettes et quelques fois en groupes, sans trouver l’occasion,
ni le désir d’un accès à la société locale, qui sans animosité ni ségrégation,
veillait à l’étanchéité de son tissu social, dans la quiétude et le confort
relatif du groupe « aussi ».
Lihidheb mohsen éco artiste 25.09.2021
Sunday, August 8, 2021
L' élan du migrant...
Aujourd'hui, le huit du huitième mois de notre nième déconvenue, j'ai recouru à la force de travail d'un migrant Africain, comme toujours, même si je n'avais pas grand chose à faire, il suffisait d'aider honorablement ces têtes de pont de l'humanité.... Cette fois, mon ami, n'était pas Angolais comme d'habitude, mais parlait bien le français, un peu d'anglais, mais malgré le fait qu'il ne pouvait suivre une discussion en arabe, il récitait par cœur le Coran de la façon d'un Imam ou un orateur religieux. il me montra aussi comment il pouvait lire et écrire cette langue poétique. Quand je lui montra mon action de la contestation de la migration, les objets personnels des morts en mer, les dangers de cette entreprise, et ce malgré mon respect au droit de circulation pour tout être..., il était visiblement déstabilisé et commença à réfléchir pour de bon. Il était question de précautions, de gilets de sauvetages et d'envisager aussi le report de cette aventure périlleuse jusqu'à ce qu'elle devienne régulière.
Il continua à travailler en ruminant ses idées, dans la chaleur torride de quarante sept degré et chaque fois que je le pleins, ne trouvant comment l'aider et ayant de le sentiment de le martyriser, il me disait que c'est la vie et il est habituer à pire en Lybie et ailleurs. Je n''ai pas manqué de lui donner à cinq reprises des bouteilles d'eau fraiches et de bons mets. A la fin, je lui avais proposé de prendre un chapeau de migrant provenant de la mer, il hésita, me disant s'il n y a pas de fantômes à craindre.
L'essentiel, était le fait de l'avoir prévenu des dangers de l'entreprise en contrepartie de son droit absolu à voyager librement dans le monde.
Sunday, August 1, 2021
Piratage de la mémoire des pirtés.
Que de douleurs pour les activistes, bénévoles et l'histoire locale de la région, d'avoir réduit la lecture de l'historique juste en la personne de l'artiste bienfaiteur, qui avait construit le nouveau cimetière des migrants morts, pendant que les pécheurs de Zarzis et bien d'autres, avaient fait des actes de bravoure et d'humanité. Combien la visite des illustres invités étrangers au musée de la mémoire des migrants noyés en mer, aurait donné une lecture criante de l'approche humaine spontanée et sincère, loin au dessus du tapage de l'argent et son parachutisme. Bravo quand même, mais les erreurs, étaient monumentales. En avant pour la cause humaine, sans vouloir faire un jardin, pour des gens qui avant leur mort, avaient vécu, toutes les étapes de l'enfer...et encore.

