Depuis mercredi dernier, 21 sept 2022, de la plage de Bennana Souihel Zarzis, à vingt heures, ce sont dix sept personnes, dont des femmes, des adolescents et un bébé, ont pris la mer vers Lampedusa, dans des conditions climatiques difficiles....et depuis aucune nouvelle, ni à l'arrivée, ni en mer ni même en Lybie, où la tempête les aurait rejeté. Les recherches ont été vaines que ce soit par les citoyens, les autorités et les pêcheurs de la région, sans le moindre indice, la moindre épave....laissant les familles meurtries et la région dans l'expectative et la douleur... Encore un drame, chez nous cette fois, juste en face, du quartier, pour que les gens comprennent une fois pour toute, que la migration clandestine est un problème universel et devrait être maitrisée d'urgence. Compassion et solidarité avec les parents des disparus et dénonciation de cette situation de non assistance à personnes en danger par les preneurs de décisions... "Action mémoire de la mer et de l'homme Zarzis".
Saturday, October 8, 2022
Saturday, September 10, 2022
Commémor'action à Zarzis.
Du trois au six septembre 2022, un collectif d’associations et d’organismes engagés à la cause de la migration humaine, avait organisé des ateliers, des débats, des tables rondes et une procession de protestation passant par l’édifice officiel de Zarzis, la mer puis le port de la ville et ce, pour une bonne centaine de personnes du Maroc, des pays du sahel, d’Espagne, d’Allemagne et d’Italie. Une Commémor’action réussie, si les organisateurs n’avaient pas occulté sciemment certaines étapes obligatoires d’un aussi grand évènement, ne serait ce que pour la mémoire des morts et disparus. En tant que participant indépendant et presque intrus, malgré que je milite en plein dans le sujet depuis 1995, j’était comblé par le degré de militantisme des amis de Oujda au Maroc, des militants du sud du Sahara et bien d’autres valeureux pour la cause humaine. Bien que ce ne soit pas programmé ni annoncer pour les éventuelles initiatives individuelles, deux groupuscules avaient visité le musée des migrants « mémoire de la mer et de l’homme », le soir du départ, sous les lumières des lampes, et furent surpris de l’intensité de l’action pour la mémoire des victimes de la mer. Quand Boughmiga le néandertalien avait dit à l’un des visiteurs, qu’en 2004, quand une visite de groupe d’un séminaire dans un hôtel de la région, au sujet de l’art naturel, tout le monde avait affirmé que le musé comportait déjà amplement le sujet dans ses dimensions acquises et réalisées…alors de son côté le participant de la Commémor’action, avait répondu qu’effectivement l’action mémoire de la mer et de l’homme Zarzis, depuis 1995 commémore chaque jour la mémoire des morts et disparus de la migration et ce, par la sensibilisation directe à travers, l’art, les configurations, les assemblages, les médias, les poèmes, les textes, les films documentaires, le musée, la visite des écoles, les exhibitions, l’emploi fictif des futurs migrants Africains juste pour les sensibiliser et la communication directe avec les jeunes. Un travail d’humanité et d’engagement universel, loin au-dessus des calculs mécaniques des conjonctures…
Avec
le respect dû, au collectif des mères qui ont perdus leurs enfants dans la mer,
aux militants de tous bords qui font de leur mieux pour redonner un peu de
justice à la dignité humaine, je remercie les organisateurs, quand même, pour
cette occasion acquise grâce au militantisme global de Zarzis et la possibilité
d’avoir une documentation qui n’a jamais été vu avant cette date et qui permis
d’avoir une idée sur les conflits en la matière et les formes de résistances en
vigueur.
Lihidheb
Mohsen « mémor » action mémoire de la mer
et de l’homme Zarzis 07.09.2022
Friday, September 2, 2022
Drames et melons, en mouvement...
La septième configuration artistique de l’action mémoire de la mer, visant à sensibiliser les gens aux devoirs écologiques et à prévenir les jeunes des risques de la migration clandestine par mer, et ce, malgré leur droit absolu à circuler dans le monde et tendre à avoir un bien être normal. Un assemblage, composé de chaussures de gens perdus en mer, entassées en forme de globe dans une multitude d’étoiles et de galaxies, en mouvement dans l’univers. Avec au milieu le fameux bateau fictif des clandestins plein de boules noires simulant les migrants et à l’avant de laquelle une tête de bélier allant vers le nord pour défoncer les forteresses du refus.
Avec cette approche relativement classique de l’action, une idée de
circonstance vint s’imposer et voir son parcours aboutir de jour à l’autre. En
effet, dans l’esprit d’une chanson populaire très ancienne, une sorte de
compassion humoristique et populaire, disant : « Quand le veuille
Dieu et quand le veuille Allah, si je meurs et il en décida, mettez ma tombe
sur la route, pour que les passants vont et viennent sur moi et plantez dessus
un plant de pastèque et dans le fruit plantez un couteau, pour déguster les
délices de la vie. »
A
partir de là, pour joindre l’idée fantastique à l’action, j’avais commencé à
faire des trous autour du globe de chaussure, en préparation à planter des
pastèques, des melons et des tournesols. Malheureusement, l’eau du robinet
utilisée pour l’irrigation était improductive et celle de la citerne d’eau de
pluie très rare et limitée à la consommation stratégique. Plusieurs fois, les
semences ne poussaient pas au point d’avoir penser à faire forer un puits de
surface pour une irrigation biologique. Ce fut fait, malgré le peu de moyens et
avec quelques plants de tournesol qui se fanèrent juste après avoir fleurie,
les pastèques et les melons ont poussé et ont donné des fruits succulents. Dans
l’esprit de la chanson, à la mémoire des victimes de la migration clandestine,
tout le monde avait mangé de ce noble fruit, les visiteurs, les voisins et les
clients du café culturel de Souihel, qui eurent droit à trois jours de
distribution gratuite de pastèques frais. Il n’est pas toujours facile d’expliquer
la corrélation entre, les fruits, les configurations, le respect de la mémoire
et ladite chanson de nos sages ancêtres.
Ainsi, l’action mémoire de la mer et de l’homme, peut affirmer, qu’elle
a pu suivre et réaliser trois itinéraires différents insolites, soit, le
parcours incroyable suite à une bouteille à la mer qui avait amené Boughmiga et
sa femme jusqu’au nord de la Tunisie avec plein d’aventures, puis la procession
de mariage fictive effectuée à la mémoire d’une fille morte avec les migrants
victimes de la mer et enfin, voici, une idée de compassion différente, avait à
travers une chanson populaire et une configuration artistique, amené Boughmiga
à forer un puits pour l’irrigation des plants nécessaire au tableau. Une
réalisation géniale, d’après plusieurs témoins, puisqu’elle s’inscrit dans l’écologique,
l’art, l’humain et la survivance des éléments de la vie.
Lihidheb Mohsen 02.09.2022
Monday, June 20, 2022
Journée mondiale des refugiés...
Journée mondiale des réfugiés.
A la journée mondiale des réfugiés,
Je me refuge dans mes idées,
Séjourne dans ma passivité,
Ecoute les échos des cris des émigrés,
Regarde l’iniquité et la souffrance,
Attends que la providence,
Les solutions toujours tardives du
ciel,
Résolvent ce malheur éternel.
Lihidheb Mohsen 20.06.2022
Sunday, June 19, 2022
Des chaussures et des fleurs
Des chaussures et des fleurs…
Dans le même esprit de compassion, de
véritables sentiments,
Avec les chaussures des naufragés, assemblées
et configurées,
Des plants de tournesols poussèrent,
Dont les fleurs cherchaient la
lumière,
Pour participer à l’élan de
solidarité,
Avec les victimes de la migration
illégale,
Et dénoncer cette injustice monumentale.
Lihidheb Mohsen 19.06.2022
Monday, May 23, 2022
Une pastèque sur sa tombe.
Sans cynisme, ni fétichisme quelconque, les configurations et assemblages de l’action mémoire de la mer et de l’homme, sont des œuvres de land-art pour sensibiliser à la nature et à l’humain, composées généralement par des objets trouvés sur les plages provenant de la mer et quelques fois les chaussures des migrants clandestins victimes de cette traversée dangereuse. Maintenant, Boughmiga est à son septième tableau, dans l’espace de l’action et voilà la dernière qu’il vient de finir. Un grand cercle sous forme de globe, plein de chaussures de migrants divers, avec au milieu un bateau plein d’ampoules géantes et une tête de bélier dirigée vers le nord comme pour défoncer les murailles d’une forteresse, ainsi que des lampes de néants signalant les sillons du mouvement de l’embarcation et encore celui de la planète en route vers d’autres constellations. Bien sûr, les ampoules embarquées symbolisent les jeunes pleins d’énergie et de vie avant de se faire éteindre par manque d’oxygène. Plusieurs centaines de souliers couvrent le globe et interpellent le spectateur à l’ampleur du drame qui malheureusement perdure. Autours de l’installation, plusieurs plants de tournesol et de partèques ont été irrigués, malgré le climat désertique, afin de donner un peu de verdure et de vie, à cette mémoire vive des disparus en mer. Boughmiga, dans un élan de solidarité et après une longue réflexion, se rappela de joindre les significations d’un très ancien poème populaire, avec le sujet de l’assemblage. « A Allah le respect, la volonté est à Dieu, si un jour, je meurs s’il le veut, mettez ma tombe sur la route, pour que sur moi les passants vont et viennent, plantez une pastèque sur ma tombe et mettez un couteau dans son fruit, pour que mes dents en dégustent la vie ». Une démarche fantaisiste, qui veut planter des pastèques et des tournesols, juste à côté de la configuration des chaussures des victimes de la mer, en guise de respect à leurs âmes, de l’investissement du vivant dans leurs mémoires et inscrire l’approche dans le mouvement éternel de l’éternel.
De toutes les façons, cette installation restera Inchallah, jusqu’en
Aout, quand les pastèques seront bien mures que ce soit sur place ou bien
achetées du Souk Lerbaa. Une dégustation collective sera organisée avec certains
parents de victimes et les clients du café culturel de la place, Souihel. La
compassion et la solidarité, ne sont pas seulement par la dénonciation, les
cris, les paroles, les attentes…mais aussi par le partage de ce qui reste de la
vie et impliquer l’absent, dans le mouvement.
Lihidheb Mohsen 23.05.2022
Les larmes rouges.
Rien ne tourne, rien ne bouge, rien ne va plus,
Dans cet instant, de semblant de
vérité absolue,
Quand les mères des jeunes perdus en
mer,
Visitèrent, amères, la collection des
chaussures,
Des vêtements, des objets personnels
divers,
Pour étaler leur mémoire à la lumière.
Ensemble, alors, elles éclatèrent en
sanglots,
A crier leur détresse et plaintes en
écho,
Et leurs larmes chaudes s’entre-mouillèrent,
Pour noyer aussi avec les galères.
Des larmes profondes d’amertume et de
sang,
Qui dénoncent la perte de leurs
enfants,
Et que seules, elles peuvent sentir,
Et prévenir aussi aux autres, ce
triste avenir.
Il fallait donc avant le déclenchement
de chaque guerre,
Avant chaque passage de clandestins
par la mer,
Avant chaque enclenchement de
violences,
Avant chaque génocide qui s’annonce,
Que les preneurs de décisions dans
ces cas,
Seraient obligés dans l’immédiat,
Et commencent par sentir l’ampleur du
malheur,
Pour les hommes, les autres et les
leurs,
Afin de réaliser ce que sentent ces
braves mères,
De Tunis, Zarzis, Tata et d’ailleurs,
Qui entre amertume, détermination et
colère,
Resteront debout, à chercher la vérité,
Et dénoncer vigoureusement l’iniquité.
Beaucoup de soutien à ces mères dans
leur malheur,
Qui touche les hommes dans le cœur,
Et résume touts les maux en vigueur,
De guerres, d’angoisses et de peurs,
Qu’il faudrait avec la Baraka de ces
femmes,
En finir avec ces terribles drames.
Lihidheb Mohsen 10.05.2022
« Lors de la visite des mères
des perdus en mer
Friday, May 13, 2022
Visite de compassion et de solidarité...
Aujourd’hui, un groupe d’écoliers de Tunis, fit la visite du cimetière des inconnus, l’autre nouvelle dénommée « jardin d’Afrique », ainsi que le musée mémoire de la mer et de l’homme Zarzis, qui se préoccupe aussi de l’écologie humaine parmi son approche globale. De jeunes filles et de jeunes garçons, motivés, curieux, sensibles, imbus de savoir et savoir encore plus, avaient embrassé à bras ouverts, les préoccupations de Zarzis et la richesse de son patrimoine historique, panoramique, social et culturel. Leur visite au dit musée, était ponctuée de constat des assemblages artistiques, des objets des migrants rejetés par la mer, de mémoriaux, de poèmes, de narration et de discussions animés, dans un climat de respect à la mémoire des disparus en mer.
Une
visite accompagnée et relatée dans la langue de Molière, un apport pédagogique
important pour les élèves, que Boughmiga, peut toujours assurer aux écoliers, aussi
dans les langues de Shakespeare, de Goethe et de Sibawayh….
Lihidheb mohsen
13.05.2022
Sunday, May 8, 2022
Les mères des disparus en mer
Lors de leur visite au musée mémoire de la mer et de l’homme à Zarzis, les mères des disparus en mer, en voyant les chaussures, les vêtements et les objets rejetés par les vagues, elles restèrent au début, hagardes, vagues, stupéfaites…avant d’éclater en sanglots, à pleurer, à crier leur malheur commun à haute voix…, dans un geste de refus catégorique de cette iniquité flagrante contre le droit à la vie. L’une avait perdu un fils, l’autre avait perdu deux, une autre un frère, montrant leurs photos de beaux jeunes hommes, leurs certificats du bac, leurs performances, peut-être la compassion et le partage du drame, pourrait atténuer la douleur… 0ui, comme j’ai toujours compati par plusieurs moyens à la mémoire de ces victimes, j’étais aussi bousculé par l’attitude directe et franche de ces honorables dames. Bien sûr, nul ne peut remplacer l’attachement d’une mère à son fils, ni imaginer l’atrocité de son absence subite.
En
leur lisant certains de mes poèmes sur ce drame, leur montrant des assemblages
de sensibilisations et raconter mon expérience sur le terrain de la solidarité
effective, elles se sont relativement calmées, avec la détermination de militer
ensemble, pour savoir les sorts de leurs fils et dénoncer très fort ce drame
contre les pauvres.
Tout
le soutien, la compassion et la solidarité avec les mères des perdus en mer et
ailleurs, au Maroc, en Algérie, au Mexique, en Syrie, en Asie et en Afrique. Qu’au
lieu de faire le folklore de la guerre, en comptant les morts et soignant les blessés,
que justice soit faite, pour une dignité humaine et un droit au bien-être général.
Lihidheb Mohsen 07.05.2022
Mémoire de la mer et
de l’homme.