Monday, November 3, 2014

مأساة...الهجرة الى الشمال Basta Harraga.

مأساة...الهجرة نحو الشمال في إطار حركة ذاكرة البحر والإنسان واهتمامها الدائم بالبيئية البحرية والبشرية...وخاصة موضوع الهجرة الغير شرعية وضحاياها...قمنا خلال الثلاث سنوات الأخيرة بجمع عشرات أحذية "الحرّاقة" رحمهم الله وبعض صدريات الإنقاذ التي لم تجد نفعا...ورسكلناها فنّيا بعنوان الاحتجاج الشديد على هذه المأساة البشرية والتنديد الصارخ على صمت أصحاب القرار وسكوتهم المتواطئ...على اخلالات النظام العالمي الجديد...وتتمثّل اللوحة في كرة أرضية تتّجه فوقها أحذية الشباب المفقودين...إلى الشمال في عملية اجتذاب ورفض واستقطاب وزحف...ستأتي لا محالة عاجلا أم أجلا على تخندق الغرب في وفرته وطفرته الأنانية...ويمثل الفانوس في أعلى اللوحة...الاستقطاب الذي تقوم به الحضارة الاستهلاكية دون مراعاة الجانب الإنساني...ووضعنا حوله أحذية الأطفال الصغار الموتى في البحر... في محاصرة متهّمة وفاضحة لهذا الوجه الأخر للدمار الشامل...ثمّ وضعنا جمّازات الإنقاذ الحمراء حول الجانب الجنوبي للكرة الأرضية في شكل سيول من الدماء والألم...وتهدف هذه التركيبة التي تطلبت سنين عديدة لجمعها...تضامنا صادقا مع ضحايا الهجرة غير الشرعية بصفة خاصّة والعنف الممنهج بصفة عامة...رحم الله الجميع وألهمنا الصبر والقدرة على المواجهة السلمية ضدّ الظلم والطغيان في كل مكان. محسن لهيذب فنّان بيئي جرجيس. Basta Harraga…éco art. Avec les chaussures de naufragés de l’émigration clandestine vers Lampeduza, collectés pendant ces trois dernières années, avec les gilets de sauvetage, qui n’avaient pas beaucoup servi pour la survie de nos confrères…je viens de configurer un assemblage de protestation et de rappel adressé aux décideurs pour arrêter cette calamité et de traiter le sujet à la source par l’assistance économique sur place des jeunes et des sans emplois, en créant des opportunités de développement local. Le tableau consiste en un globe terrestre sur lequel les chaussures se dirigent vers le nord comme l’avaient espéré leurs porteurs, dans un « one way trip » sans retour…attirés par les lumières aveuglantes de l’occident…dans une sorte d’attraction et de rejet incompréhensible. Autour de l’ampoule positionnée, des chaussures d’enfants, de bébés, de jeunes filles, se pressaient à parvenir leurs détresses et leurs drames… à l’insouciance humaine. Des dizaines de gilets rouges ont été placé en halo sur le coté sud, symbolisant le sang des victimes de cette migration écologique réprimée. Lihidheb mohsen éco artiste 31.10.14

Thursday, August 21, 2014

Rescapés, à Zarzis.

Aujourd’hui, 21 Aout 2014, très tôt le matin, les pêcheurs de Souihel ont trouvé au large, un bateau pneumatique trés surchargé et désaffecté, en train de chavirer avec à son bord soixante dix personnes, hommes et femmes… Avec le peu de moyens qu’ils avaient, les pêcheurs avaient fait un effort insurmontable pour sauver ces malheureux émigrés clandestins partant de la Libye vers l’Europe et les amenèrent à la plage, où malgré les réserves concernant les maladies en vigueur chez nos amis Africains, firent le nécessaire et accueillirent le groupe en offrant à boire et à manger jusqu’à l’arrivée des secours et la prise en charge par le croissant rouge Tunisien. Bravo encore aux pêcheurs de Zarzis, qui ont toujours fait preuve de courage et de témérité….et honte à cet ordre économique mondial qui pousse les jeunes à se sacrifier pour un bien être toujours insaisissable. Lihidheb mohsen éco artiste 21.08.2014

Monday, June 30, 2014

Messaouda

Il parait que de nos jours, désormais, après tant de tergiversations et d’escrimes avec les moulins à vent, il faudrait reconnaitre, accepter et admettre, qu’il n’y a de durabilité, de permanence et de rentabilité, que dans les problèmes, dans le déséquilibre, dans l’extrême, dans les guerres depuis naguère, en chaine, à coups de terreur et de haine. Oui, car cette fois, c’est Messaouda, qui m’envoya ses affaires sur la plage, en guise de message, d’appel au secours, un cri de sauver nos âmes, un Tam Tam assourdissant de désarroi, un tsunami de colère contre l’inégalité et l’arbitraire…quand sur les cotes de l’estuaire de Allouane, j’ai trouvé, rejeté par la mer, le sac à main de ma nouvelle amie, fictive certes, mais obsédante et possessive. Il a été déjà fouillé et les objets étaient parsemés sur une grande surface allant jusqu’à derrière la grande haie, entre les épis d’orge non encore moissonnés, où, ça et là, des robes froissées, des jupes, des vêtements de petits enfants, filles et garçons…de la lingerie personnelle d’une femme mûre, bien portante et très maternelle. Ce n’était pas tout, car juste à coté du grand sac vide, il y avait un petit portefeuilles, complètement vide et une série de produits cosmétiques de grande qualité, ce qui rajoute à Messaouda, en plus de sa condition de mère, un caractère de féminité débordante et une tendance pour le bien être et l’éthique de la vie. J’ai alors, doucement remis les objets dans le sac à main, avec respect, avec un sentiment de reconstitution d’un rêve brisé et une remise de l’ordre dans les aspirations légitimes en plein dans un monde en désordre. Oui, Messaouda, la féminine, la procréatrice, la féconde, la source de vie, la matrice, la berceuse du souffle humain…, oui Messaouda, ton message est parvenu, la haut, accueilli aussi ici bas…. Tu n’étais pas la première ni la dernière, mais ton profil représentait toutes les victimes, hommes et femmes, filles et garçons, mauvais et bons, petits et grands, noirs et blancs, de l’Albanie ou du Soudan, oui en effet, tu représentait toute l’humanité, les croyants, les crédules, les confiants, les stoïques, les généreux, les assujettis pour les guerres, les dirigés dans des couloirs, à travers la terre et la mer…pour, asservis, servir, un système de gueux, douteux et peu glorieux. Voilà, encore une fois, une victime, la nième, sans la moindre chance pour contenir l’émigration clandestine, sans espoir de voir une issue, sans lumières dans ce couloir en entonnoir, glouton, sauvage et insouciant… voilà encore et encore, nos enfants, nos frères, bouffés, bouchées par bouchées, par un système anthropophage, qui n’a plus de raison d’être, devant d’aussi flagrantes disparités entre les peuples, entre les pauvres et les riches, entre les races, entres les ethnies, entre les régions… Voilà, Messaouda, une petite colère pour calmer ma conscience de faible citoyen, mais je te rappelle, que chaque matin le soleil éclaire un jour nouveau et que le « serment du sourd muet est dans sa poitrine ». Lihidheb mohsen éco artiste Zarzis 10.06.2014

Thursday, June 19, 2014

Zarzis pleure ses diparus en mer....

Les familles des disparus dans la mer, suite à l'accident entre leur bateau et un bâtiment de l'armée....attendent, attendent.....justice.

Monday, October 28, 2013

Tataouine... Jusqu'à quand ?

L’association « union des jeunes de la révolution » de Tataouine, avait organisé le 26.10.2013, une journée d’étude et de sensibilisation au sujet du phénomène de la migration clandestine…, en collaboration étroite avec la maison de la culture, l’association Tunisienne de la prévention de l’émigration clandestine, l’Association du développement durable de Zarzis, l’Association Nour pour le soutien aux orphelins de Tataouine…et le support de l’action mémoire de la mer et de l’homme de Zarzis. La rencontre avait commencé par la visite du stand des affiches, écrits, poèmes, photos, témoignages, livres, slogans traitant du problème de la « Harga » que la région de Tataouine avait aussi subie sérieusement. Présidant la séance, Monsieur Lotfi Rhouma, avait présenté le sujet dans ses dimensions sociales, économiques, régionales et les actions qu’entreprenne l’Union des Jeunes de la révolution dans ce domaine. Aussitôt, Monsieur Fayçal Dchicha président de l’ADDCI et imminent activiste dans le domaine social et associatif, avait abordé les structures et créneaux en place, susceptibles d’encadrer les jeunes « revenant ou autres » par une assistance technique et financière pour la création de mini-projets intégrés et intégrants. Sur un support audiovisuel, il avait fourni les itinéraires, les modalités et les statistiques relatives à ce sujet d’actualité. De son coté, Monsieur Chaker Sassi, Universitaire et Président de l’ATPIC Tunis, avait abordé le sujet de son coté historiciste, légal et la proposition de solutions pour atténuer et résoudre ce flux migratoire. De son coté, l’éco artiste et poète Lihidheb Mohsen, auteur et réalisateur de l’action mémoire de la mer et de l’homme, avait lu des poémes en arabe sur les victimes de la Harga qu’ils avaient rencontrés morts et vivants sur les plages et projeta une vidéo sur cette action écologique et humanitaire. Il rappela aussi que cette vidéo est disponible sur Youtube en Arabe, Français, Anglais et Italien… comme il montra le livre de constat « Mamadou et le silence de la mer » qu’il avait écrit sur ce drame suivi et documenté depuis 1996. Le conférencier universitaire, Monsieur Radhouane Zrara, avait aussi décortiqué le sujet des ses cotés éthiques, sociologiques et behaviouriste, tout en traitant ce flux dans son contexte national et global. A la fin, Monsieur A. Farouki, de l’association Nour Tataouine, avait relaté les activités sociales avec les orphelins et les démunis de la région et les efforts consentis dans le sens de sensibiliser et dissuader les jeunes des entreprises hasardeuses de la « Harga ». Aussitôt, les débats étaient fort intéressants et consistants surtout quand la présidente d’une association féministe de Tataouine indexa vigoureusement le rôle des femmes dans l’incitation des maris et des enfants pour la « Harga ». Ce qui est en partie vrai, surtout quand on sait comment la femme fixe la barre de ses revendications et standing familial assez haut au dessus des possibilités du mari ou du jeune homme. C’était une remarque très pertinente et nécessite une grande sensibilisation auprès de nos concitoyennes. Reprenant le mot de la fin, Lihidheb Mohsen, avait situé le phénomène dans son parcours historique tout en soulignant l’assujettissement des peuplades du sud au consumérisme sans leur donner, paradoxalement, la possibilité de travailler…pour consommer, dans une sorte d’inégalité des chances accentué par les difficultés économiques et le réchauffement climatique. Il rappela aussi que la Djeffara était toujours une réserve humaine pour pourvoir le nord en ouvriers et soldats, une situation aggravé par les politiques discriminatoires et l’inégalité entre les régions. Une situation, qui nécessite, désormais, l’exploitation maximale des possibilités locales pour l’emploi et la création de richesses, tout en frappant haut et fort sur les portes du monde, pour un meilleur équilibre des chances au travail et au bien être. Encore bravo, aux associations, aux organisateurs, aux intervenants, aux encadreurs, aux jeunes de la révolution, au PNUD en tant que parrain et accompagnateur de ces activités et à la population résistante de Tataouine, Tataouine la patrie. « Al Watan ». Jusqu'à quand, l’hémorragie de nos ressources et les risques à nos enfants ! Lihidheb Mohsen éco artiste 26.10.13

Friday, October 25, 2013

مامادووووو

مامـــادو صديقـــي مامـــادو أخــــي منذ أيام، بدأ الحديث عن وصول عديد الجثث إلى شواطئ جرجيس، ويقال أيضا أنهم أفارقة يحاولون الوصول إلى أوروبا انطلاقا من ليبيا غير أنّ الحظ لم يسعفهم. وكان كل من يعرف نشاطي البيئي وحراكي الدائم على طول الشواطئ، يسألني عن تلك الجثث وهل تحصلت على نصيب منها، في شكل من المزاح الثقيل غير أنّي لم أكن أمزح وأتألّم أيضا كلّما أجد دلفين أو سلحفاة لفضها البحر وما أدراك بأحاسيسي عندما يكون الموضوع متعلق بالبشر. في حقيقة الأمر كنت تألّم في نفسي وأستغرب لعدم إلتقائي بأصدقائي المهاجرين أحياءا أو أمواتا، لأنّني أعتبر نفسي جاهزا لمؤازرتهم ومساعدتهم والتضامن معهم في كل الحالات... وأختم بهم مجموعة ما يأت من الضفّة الأخرى للبحر من بقايا حضارة الاستهلاك والاغتراب الإنساني إلى ضحايا هذه الهجرة الطبيعيّة إلى الشمال. لقد رأيته يومها من بعيد، بين الأعشاب البحريّة على مرمى من الأمواج... خلته في البداية سلحفاة منكفئة على نفسها، غير أنّه حالما اقتربت كان صديقي مامادو نائما على بطنه ونصف رأسه مغمور بالرمال ولا يظهر منه سوى ظهره الأسود الفاتح لجسم كله عضلات وقوّة بارزة للعيان... تسمّرت في مكاني، انصهرت مع مكاني وزماني، أفرغت وشحنت مخيالي ومكنوني... لأنطلق في صرخة غضب عارم زلزلت المكان وأفزعت الطيور والغربان... صرخة احتجاج وتنديد هائلة موجهة إلى الأرض والسماء وأصحاب القرار في كل الدول والأمصار... ثمّ تلوت عليه الفاتحة وسور من القرآن الكريم ومكثت دقائق أخرى صامتا احتراما لديانته التي قد تكون أيضا مسيحيّة أو وثنيّة أو غيرها... ولم أصوّر صديقي لأنّ جسمه وروحه وتلك اللّحظة المؤثرة لا يمكن سجنها وإخراجها من حالتها الطبيعيّة والإلهيّة. وعندما جاءت الحماية المدنيّة والحرس الوطني لنقل الجثة، إثر مكالمتي، فرحت لشدّة تأثرهم واحترامهم الواضح لصديقي مامادو بالرغم من صعوبة التعامل مع هذه الوضعيّة... وفي المساء، في المنزل دون علم العائلة، عملت على أن نتناول جميعا مأدبة عشاء محترمة على روح أخي وصديقي مامادو، بمناسبة نزوله بين أهله في دفئ إنسانيتهم، ريثما يستيقظ العالم ويرجع لهذا الشباب المسالم حقه في الحياة الكريمة. محسن لهيذب 11/08/2002 ذاكرة البحر والإنسان

Saturday, October 5, 2013

Memoria del mare Zarzis

http://www.youtube.com/watch?v=78d_HLeNH10

Thursday, July 11, 2013

Un livre a été édité au sujet de Mamadou et le drame des émigrés clandestins à partir de la Libye et la Tunisie. Intitulé "Mamadou et le silence de la mer", disponible au lien suivant. http://www.amorbenhamida.ch/de-ch/buecher.html?productid=25

Tuesday, December 13, 2011

La baraka de Mamadou II

La baraka de Mamadou II

Réveillé par le tapage de mes canards tôt ce matin, le 567éme Dimanche du troisième millénaire…., j’ai hésité entre aller au fameux souk de Médenine, faire un bain de foule et un trop plein de brocantes, ou aller humer les traces de mes ancêtres sur les plages de l’Île aux Lotophages, ou encore aller renifler les derniers silex et coquilles d’œuf d’autruche sur les « Gataaya » de Zarzis sud. Mais d’un coup de volant, j’ai balayé le tout pour me diriger vers les cotes d’Ejdaria. (El Bibane). Sur la route, j’ai empêché un Libyen de doubler dans un virage et effectivement il y avait un bolide qui venait d’en face, alors le Tripolitain, m’avait fait plusieurs signes sonores et lumineux de gratitude…pendant que je disais en moi-même : « Du calme mon ami, tu vois devant toi, mes assemblages artistiques géantes sur les cotés de la route pour t’ouvrir les yeux et l’esprit, mes textes sur le net pour un parcours pacifique de la révolution Libyennes, et toute une poésie et une littérature de soutien et d’accompagnement… Au moins, on aura l’arrêt de la catapulte humaine, des Mamadou et des Momo. Et par la même occasion frères Libyens, s’il vous plait, « Yarham waaldikom » prenez vous en charge et entrez dans l’histoire par sa grande porte, celle de la paix et de l’humanité».

Sur la plage, pieds nus, avec mon chapeau de paille et mon grand sac postal, je faisais les un, deux, trois, quatre, c.-à-d., je regarde l’espace immédiat de ma droite, je regarde l’espace de ma gauche, je regarde l’espace devant moi sur quatre mètres et je regarde l’espace général devant moi au niveau de ma hauteur. Une sorte de balayage efficace et permanent, pour éviter de marcher sur les bouts de verre et les tiges de plantes pointues. J’ai trouvé quelques bouteilles en verre que j’ai mises dans mon sac, des flotteurs, des pots à fleurs vides, des caisses de poisson encore valable pour ma collection de poterie, quelques boules flotteurs… Entretemps, un groupe de pigeons d’environ cent cinquante unités allant vers le nord sur une largeur de cent mètres, longeant la cote en quête de fraicheur, m’avait croisé sans prévenir et sans que je puisse le prendre en photo. Un corbeau que je vois pour la première fois en dehors de l’Île de Djerba, départageait l’espace végétal de l’endroit, avec un aigle qui se fixait immobile au ciel pour piquer sur d’éventuels oisillons ou rongeurs. Sur presque tout le parcours, plusieurs bouteilles à moitié pleine d’un liquide jaune, marron et quelques fois rouges, qui n’était rien d’autre que l’urine des soldats-marines des bâtiments de guerre qui crachent le feu sur les villes de la Cyrénaïque. Bien sur c’est un indice fâcheux du passage des fachos, sur mes espaces de liberté…me laissant perplexe à ruminer le malheur de mes voisins et l’implosion (Crunch) de leur potentiel de guerre colossal et terrible. J’ai raté une deuxième fois une colonne géante de pigeons que j’ai constatés tardivement par le froufrou des centaines d’ailes. Le temps était merveilleux et je devais traverser de petites rivières d’eau de mer desservant les marais…. avec un plaisir immense de me faire chatouiller les plantes des pieds par les algues, les coquillages, les marécages…tout en enfonçant quand il le fallait, l’orteil dans la terre à chaque pas pour éviter les glissades et la chute de mes quatre vingt dix kilos de matière. Soudain, j’ai ressenti une douleur aigu sous mon pieds gauche et dans un reflexe ultime je l’ai retiré de justesse d’un fond de bouteille cassé. La douleur est intense et j’ai du enfoncer mon pieds dans l’eau pour voir s’il saigne, heureusement j’ai échappé des quelques mois de béquilles et de claustrations. Pourtant, je ne laisse jamais de verre sur les plages que je ramasse soigneusement au fur et à mesure de mes randonnés. Regardant autour de moi, j’ai constaté que s’était l’endroit où j’ai trouvé auparavant, la « carcasse » de mon ami Mamadou II l’un des victimes de la Harga du début du millénaire et je crois que c’était sa « Baraka » qui m’a sauvé. En effet j’étais sincère avec lui, mon ami, je l’ai pleuré de rage, j’ai prié, crié à pleins poumons, j’ai protesté, je me suis prosterné, dans un nuage de colère envoutant… Voilà, juste à l’endroit où mon ami s’étendait bercé par les vagues, avec son jean et sa ceinture encore nouée, sans tête, seules ses cotes me pointaient du doigt accusateurs et réprobateurs… il a gardé sa tête pour la mer pour ne pas subir la bêtise humaine et la cruauté de son silence complice.

Cette « Baraka » en retour, qui m’a sauvé d’un accident fâcheux, a aussi déconstruit les bases de lancement des ogives humaines et leurs commanditaires, a détruit les catapultes des boulets en chaire humaine que les dictateurs instrumentalisaient cyniquement. Cette « Baraka » qui a définitivement rompu le rêve de la Harga vers le nord par la déception et la désillusion des milliers de jeunes aspirants. Elle a aussi protégé, cette terre d’accueil, de paix, de solidarité, d’humanité, des milliers de missiles, des armes chimiques, des mines, de l’artillerie lourde…qui n’avaient pas d’autres cibles que le sud Tunisien…

Cette « Baraka » qui se manifesta, quand le gri-gri de la jungle s’inspira de la mer, quand les prières supra religieuses de Boughmiga parvinrent à l’au-delà, quand les lamentations des corps flottant sur les vagues, les souffrances des mères meurtries dans l’attente d’un retour de l’enfant chéri, quand les cris de désapprobation des cormorans blancs au dessus des barques coulantes… retentirent dans d’interminables échos de plaintes…, est certainement, l’offrande de Mamadou, à l’humanité des hommes, pour finir avec les violences et les nonsenses.

Merci, Mamadou II, merci mon ami, que ton aura investisse les cœurs des hommes de la mer, du désert, de la jungle et du foret, pour y insuffler sagesse, paix et bonheur pour tous.

Lihidheb mohsen éco artiste Zarzis

Mémoire de la mer et de l’homme 10.10.2011