Saturday, September 29, 2018

La prophétie de Mamadou.

Dans sa hutte en broussailles avec ses sœurs, Ruminant l’indigence, les douleurs et la peur, Pendant que le désert avançait sur les terres, Sans emplois ni le moindre espoir. Avec le Tam Tam des guerres et conflits, Et l’immolation régulière de villages et prairies, Entre faim, maladies chroniques et carnages, Un désarroi des plus aigue dans les âges. Faut donc répondre à l’instinct naturel, Vers d’autres horizons, aller vers l’appel, Et laissant à manger un bout à ses prochains. Comme un boulet de canon dans le décor, Et Mamadou s’éjectera de son corps, Dont les ondes tisseront des relations, D’amitié entre peuples et nations. Il prend alors son cœur dans ses mains, Sa force de travail, sa sagesse, son élan, Et s’en va en guerre traversant le désert, Usé jusqu’au bout de ses nerfs. D’un obstacle à l’autre, d’une épreuve vers un ghetto, De passeurs d’hommes vers d’autres masos, Pour se trouver après des dizaines de mois, En pleine mer plein d’effroi, A regarder autour de lui pleurant les enfants, Dans les bras de leurs mamans. Certains passeront les filets de la providence, D’autres vers les ghettos de l’exploitation, D’autres n’auraient pas de chances, Périront au fond noir de l’océan. Ils sont des millions à aller ou venir, A prendre le chemin tracé du futur, Et attiré par l’aimant occidental, L’emploi et les droits humains universels. Pourtant, ils étaient passés par là, les prospecteurs, Les chercheurs d’or, les aventuriers, exterminateurs, Les commerçants de bling bling de la traite triangulaire, Les déserficateurs méticuleux de la mer et la terre, Siphonnant pour de bon, pétrole et richesses minières. Ils sont passés par là, les voilà, les fameux civilisateurs, En paternalistes religieux et décisionnaires réducteurs, Virent à bout, jusqu’au bout, de ce qui suffisait aux pauvres, Pour venir de l’autre coté les saupoudrer de sel et de poivre, Dans une sorte d’anthropophagie culturelle et éffective, Témoin contre un monde inique à la dérive. Et Mamadou, acculé et poussé jusqu’au corps, Comme le firent touts les êtres vivants sur la terre, Sauterelles, oiseaux et troupeaux d’animaux de tout bord, Répondit à l’appel écologique vers le nord. Avec son autre visage un peu plus blanc, Des pays limitrophes de ce petit océan, L’attraction vers le nord est aussi irrésistible, Moins dramatique certes, mais compréhensible, Et presque les mêmes raisons au départ, Poussent les jeunes à tenter la mer. Ainsi, ce flux migratoire légitime et continue, Prend la place du vide des inégalités, Répond au reflexe de survie inné, Et passe à travers le légal convenu. Mamadou, n’est pas pour une reconquista sauvage, Il n’est pas Garibaldi et sa remonté guerrière, Ni l’aventurier phallo du Soudan et son histoire, Ou les Hilaliens, détruisant tout sur leur passage. Il est l’homo erectus, sapiens sapiens sapiens, Avec la sueur de son front et du bon sens, Avec l’esprit libre de l’intox collectif, Avec l’énergie débordante et l’esprit saint et vif, Ira dans le monde jusqu’au bout où la vie, Portera la paix et la sagesse en lui, Et montrera haut et fort combien lui aussi, A droit au bien être et au travail comme autrui. Ainsi, sondant les mémoires et les tréfonds, Des victimes et même des vivants, Pour contourner et comprendre cette ruée, Pleine de risques et de dangers, Pour finir par saisir cette prophétie pacifique, De Mamadou, la victime, le magnifique, Qui dans un cri sourd et très fort, De son âme, son esprit et son corps, Embrasse à pleins bras le nord. Une prédication certaine peut être, Qui a dépassé le stade de constat, Pour démontrer que son avenir et son être, Seront dans le monde, malgré toutes les lois. Puisqu’arrive l’occident avec force, Avec ses canons de consommation, Voilà Mamadou qui avance, Sans violence ni sommation, Pour fusionner et partager le bonheur, Avec ses autres frères et sœurs. A la mémoire des victimes de la migration, Dans les déserts du Mexique ou la Lybie, Dans les mers de Tanger, Yémen ou Tripoli, Mamadou défrichera pour de bon, Ce sentier d’entraide et de fusion, Entre les valeurs du sud et l’occident. Une universalité dont personne n’échappera, Porteuse d’espoir et l’aboutissement normal, Qui dans sa dégringolade vers l’aval, Rassemblera enfin l’homme dans l’agora. Ce ne seront pas les capitaux, Les idéologues et féodaux, Les théophiles ou cardinaux, Ou les gérants des arsenaux, Qui sauront unir notre monde, Dans une fusion naturelle et féconde, Comme Mamadou l'effectue chaque jour, Dans son exode permanent de bravoure. Lihidheb Mohsen 28.09.18 Mémoire de la mer et de l’homme Zarzis.

Friday, September 21, 2018

Le mouvement, l'Imam et l'espagnol.

Avec sur le verbe des réserves, A cause de ses glissements vers l’avant, Optant plutôt pour le mouvement, Dans l’espace et dans le temps, Qui infante à la vie sa tourbe, Et contourne les dimensions de sa courbe. Ainsi l’idée germe dans la chose, Et fait son parcours vers l’esprit, Qui la reprend dans l’oral et l’écrit, Pour une éthique acquise. Sur ce, un Imam fort sympathique, Compris qu’en ramassant les déchets, Je courbe à mon créateur en effet, Chaque jour pour le remercier, Des centaines de fois ma mécanique, Pour une dévotion aussi étrange, Ecologie et piété, un mélange, Qui ne dérangerait certainement pas, La divinité de l’au de là. Une autre fois un couple de sages, Espagnols au milieu de l’âge, Émus et touchés pour de bon, Me prirent la main avec dévotion, Me remerciant de toute cette passion, De ramasser les déchés oubliés, Cette main active et stressée, Qui chérit les chaussures des Harraga naufragés, Qui ramassa les vêtements des pauvres noyés, Qui se leva au ciel en prières, Sur toutes les victimes de la mer. Ainsi, ils furent honorés, D’avoir toucher ma main, enfin, Et Boughmiga comme tout être humain, Fut comblé et réconforté, Tout en dénonçant haut et fort, Toutes les violences aux vivants de tout bord. Lihidheb Mohsen Zarzis, 17.09.18

Wednesday, September 19, 2018

Free ours... Liberté pour tous

Aujourd’hui, dans les avenues de Zarzis, une manifestation monstre avait été effectué par les marins de la région, en protestation à l’arrestation des marins « Bourassine e les autres » par les autorités Italiennes, dans des conditions suspectes et vraisemblablement politiques. Les pêcheurs de cette région avaient toujours porté secours aux Harraga naufragés négligeant leur travail maigre de pêche pour s’engager dans des actes de bravoure et d’humanité. Cette attitude justicière, n’allait toujours pas avec la législation maritime des pays limitrophes et se confrontait aux activistes d’extrême droite et la claustration du nord. Etant leur président de l’association des pêcheurs, Si Chamseddine Bourassine, était aussi le patron du bateau arraisonné par les gardes cotes Italiennes, trainant derrière lui une douzaine de jeunes en difficultés dans les hautes mers. C’est dans cette ambiance effervescente, que les marins de Zarzis, exigent la libération de leurs collègues, demandent l’intervention des ministres de l’intérieur et des affaires étrangères nationaux et haussent le ton vis-à-vis du comportement des Italiens à ce sujet. Il parait qu’il y aurait un jugement le vendredi et tout le monde espère la libération des ces valeureux pères de familles. Malgré le caractère supra national, de cette affaire d’avant-garde et de militantisme humanitaire, il y a eu l’intervention de plusieurs politiques et élus, haranguant la foule sommairement. Essayant de contourner sommairement le sujet, tant que ces actes répréhensibles par les voisins étaient bénévoles et sans perception d’argent, tant que le problème est collectif et ces actifs ne soutiennent pas forcément l’émigration illégale, on ne peut que s’investir totalement dans ce mouvement et crier haut et fort le droit des pauvres au bien être et à la dignité. Bien sur, les slogans étaient de toutes sortes et avec l’euphorie locale justifiée, on tapait sur les portes de l’occident pour meilleure justice. Il y avait aussi des appels aux autorités Libyennes, pour écouter les cris des pêcheurs et rendre compte des marins pris en otages dans ce pays. En attendant la précipitation des événements, au dessus des récupérations politiques…la volonté collective des marins et des autres, restera toujours pour la libération des « otages » et l’allégement des conditions des Harraga et leur liberté naturelle de mouvement. Lihidheb Mohsen 19.09.18 Action mémoire de la mer et de l’homme Zarzis.

Sunday, September 16, 2018

Guadeloupe et Mamadou.

Etrange, étrange, l’un du Mexique l’autre de l’Afrique, Ils ont vraisemblablement, les mêmes caractéristiques, Avec les mêmes nez, les mêmes yeux, les même pieds, Avec une couleur différente, l’un était cuit l’autre brulé. Etrange, étrange, les deux étaient longtemps colonisés, Les deux avaient été dépossédés, acculturés, Et sur le droit chemin de la consommation dirigées, Pour faire de bons citoyens, dociles et utilisés. Les deux de milieux pauvres et austères, Aux richesses depuis longtemps siphonnés, Vers un nord prédateur confirmé, Laissant aux autochtones leurs misères. Ainsi, Guadeloupe perdit tôt son père, Parmi les milliers traversant le désert, Pour chercher un possible emploi, Dans les paradis promis des U.S.A. Pour Mamadou, il porte encore dans ses mains, Sa vie, son âme et son destin, Au gré des vagues, des passeurs et des vents, Qui l’emmèneraient en occident. Les deux passèrent chez « la mémoire de la mer », Pour partager leurs inquiétudes et désarrois, Devant l’iniquité des gens et des lois, Et cette cynique guéguerre. Devant un enfant de victime et possible victime, Boughmiga dénonça hautement ce crime, Tout en essayent de trouver une solution, Sans états d’âmes ni passion. Etrange, étrange, comme ce phénomène est global, Comme il concerne des régions et nations au total, Et le mal est dans la structure même des partages, Entre bien éduqués, soit disant, et sauvages. Une nouvelle approche est désormais de vigueur, Redonnant aux pauvres du sud leurs valeurs, Et voir le monde dans ses paysages, Car notre commune galère est au naufrage. Lihidheb Mohsen 20.10.17 Mémoire de la mer et de l’homme Zarzis.

Sunday, September 9, 2018

Le brave, l'intello et les marins.

Le brave, l’intello et les marins. Le brave, l’intello et les marins. Lui, c’est bien lui, chams, un soleil en petit, Qui brille sur son espace et ses actions, Avec du cœur, de l’entrain et de la passion. De la mer, enterre à même la terre, Ceux qui malheureusement se noyèrent, Les Harraga, ses amis et confrères, Que le monde avait mal compris. Avec le croissant rouge régionale, Les « pompiers » et les machines communales, Rendirent un peu de dignité, A ces victimes de la traversée. D’un autre coté, l’intello un peu sauvage, Sillonnait toutes les plages, Dans une action de nettoyage, Et de récupération et recyclage. Mais quand il commença à trouver, Les objets des migrants noyés, Il en fit des assemblages d’art éphémère, Dénonciateurs et protestataires, Pour sensibiliser le monde entier, A cette violence génocidaire. Par les configurations, textes et poèmes, Et ses installations et films documentaires, Il fit plusieurs écoles, même, Pour prévenir de ce flux migratoire. Mais en pleines les hautes mers, Les pêcheurs de Zarzis naturellement, Assistent les naufragés sans condition, Et guident les secourus vers le port. Un acte de haute moralité, de bravoure, Que faisaient touts les marins, A chaque occasion et touts les jours, Au détriment de leur gagne pain. Une attitude d’éthique humaine, A l’image de celle des gens de la région, Où le travail et la sagesse ne font qu’un. Ainsi, ces pauvres victimes oubliées, Auront toujours des frères et sœurs disposés, A les prendre la main et respecter leur dignité, Et lutter pour une justice humaine, Pour touts les pauvres et oubliés. Lihidheb Mohsen Zarzis 06.06.17

Friday, August 10, 2018

Profil d'un migrant clandestin potentiel local.

D’une famille relativement pauvre, qui s’en sortait par de différentes ressources sporadiques et incertaines, avait une éducation moyenne, suffisante pour lire et écrire et comprendre le « bien et le mal » comme on dit ici, travaillant quelques fois dans la construction auprès des riches anciens émigrés actuellement en retraite dorée, allait quelques fois à la pêche côtière et endurait les affres des intempéries, les doigts meurtris par le démêlage des crabes géants « Daech » des filets, s’asseyait souvent au café du village à regarder les acrobaties routières des fils d’émigrés revenant sur leurs bolides amphibies, dansait dans les mariages flamboyants des émigrés clandestins qui avaient réussi , rêvait des horizons du nord répondant à une culture irrésistible d’Euro centrisme et une attraction presque vitale vers le nord, subissait les remarques désobligeantes de la famille l’incitant à faire comme les jeunes de son âge et de tenter sa chance vers l’Europe, subissait aussi les appels incessant de ses semblables « Harraga » potentiels malgré les conseils des amis avertis déjà là-bas, éviter jusqu’au bout du possible de ne pas tomber dans la solution des petits délits, soucieux de la fragilité du secteur du tourisme où il glanait quelques petits services, résistait aux appels internes de son jeune physique vigoureux et son esprit vif à s’en aller vers l’aventure, allait au service public pour faire soigner un parent sérieusement malade et constatait l’incohérence flagrante et grave dans les rapports et les soins, regardait les belles jeunes filles de son village aller vers les riches émigrés ce qui lui rendait la gorge serrée dans l’impuissance et le désespoir, tentait de récolter la somme sérieuse de la traversée de la mer sans y parvenir, regardait ses frères et sœurs dans le chômage sans le moindre espoir d’emploi ou de délivrance…Voici donc, le portrait, le profil, d’un nord africain, pour ne pas dire ceux de l’Afrique noire, plus grave, et que les preneurs de décisions, du sud ou du nord, considèrent sérieusement et donnent à ces gens, pendant qu’ils sont encore vivants, un bien être légitime et une dignité humaine équitable. Lihidheb Mohsen 10.08.18

Tuesday, July 31, 2018

Sailing

Au festival des éponges, les gens plongent, en masse vers l’horizon, poussés par le vent d’ouest, par le sirocco de la révolution…ils se désaltèrent, se rafraichissent, voltigent sur les vagues somnolentes de la mer, avec un arrière gout amer, de déception, de chômage, de pauvreté, de perspectives douteuses…pour se voir, ainsi, attirés par un paradis promis et rarement acquis, par un bien être garanti et une dignité escomptée. A Zarzis, en plus clair, face à la mer, la fête et le drame fusionnent, la douleur et la joie se mélangent, le juste et l’injuste s’allient…et le citoyen simple, se voit encore, attiré vers le nord, poussé par la sécheresse du sud, attiré par la fraicheur du climat, poussé par les vents de l’imaginaire collectif….pour rester, dans toutes les conditions, un Tunisien, arabo musulman et citoyen du monde, brave et fier et bras ouverts à la civilisation humaine. Lihidheb Mohsen 29.07.18

Saturday, June 9, 2018

Kerkennah, que faire devant ce drame de la Harga.

Voilà cinq jours que le bateau des émigrés clandestins avait chaviré dans la mer des Îles Kerkennah, laissant des victimes, des disparus, des parents endeuillé et tout un pays dans la tristesse et le désarroi. Des jeunes et moins jeunes, des femmes enceintes…avaient été rassemblé par groupes en pleine mer, par des petits bateaux à moteur rabatteurs, jusqu’à la grande bateau mère en rade dans la mer. Le nombre était visiblement au dessus de la capacité de cette flottille de pêche qui ne pouvait supporter les cent quatre vingt personnes de toutes les nationalités. Un acte au su et au vu de tout le monde, y compris, les autorités, les parents…et surtout les émigrés qui risquaient consciemment leurs vies pour un rêve incertain. Pendant que les autorités répondaient à une faiblesse manifeste, un machiavélisme sournois et un guet stoïque, les parents se rassuraient par l’ampleur du phénomène, sa répétition, ses réussites et sa présence normale dans le paysage des horizons à découvrir, les jeunes émigrés de leur coté, répondaient à un appel culturel irrésistible vers le nord qui miroitait les valeurs et produits de l’occident tout en rabaissant tout ce qui était local, répondaient aux quelques cas de revenants avec de bonnes conditions de vie et de bien être et répondaient aussi aux pressions des parents, il faut le dire, qui eux aussi incitaient leurs garçons à faire comme les autres et chercher à touts prix la réussite et l’amélioration de la situation. Cette pression familiale allait dans les deux sens, car plusieurs jeunes avaient aussi menacé leurs familles de bruler la maison s’ils ne trouvaient pas le prix de la traversée en mer. Bien sur, avec l’omniprésence, des passeurs, des rabatteurs, des sponsors cyniques, partout dans le monde où l’éthique humaine se dégrade et ne mesurent plus l’impact de leur délinquance, avec le grand taux de chômage et le désœuvrement comportemental, le phénomène des vases communicants, fonctionnerait automatiquement et transborderait l’écoulement les masses de flux humains. Comme dans chaque problématique, plusieurs éléments et causes font la présence de ce phénomène, comme plusieurs solutions, successives, simultanées, cumulatives, comportementales sociales, conjoncturelles, contribueraient à atténuer graduellement cet exode à haut risque. Ainsi, après les pleurs, les colères, les lamentations…fortement justifiées, il y a lieu de comprendre l’ampleur de la Harga en soulignant ses éléments et délimitant les rôles réels et supposés de toutes les parties. Donc, on peut dire que les partenaires sont à priori cinq, les parents, les émigrés clandestins, les passeurs, les autorités…et les autorités d’accueil. - Les parents : Généralement ils ne sont dissuasifs devant la pression de leurs enfants et aussi leur harengade de ces derniers jour et nuit pour qu’ils fassent comme leurs semblables et devenir riche, même d’apparence. Plusieurs d’entre eux investissent dans la traversée par hypothéquer leur maigre épargne ou vendent les quelques moutons, tout en s’alignant bon gré malgré, sur un créneau aux deux tiers aboutissant. Il faut dire, que dans un pays sans grandes ressources naturelles, que l’investissement capital était dans l’énergie humaine et sa débrouillardise, que cette ruée écologiquement naturelle reste préférable à celle programmée ou instrumentalisé pour les guerres officielles et officieuses, que la culture et l’éducation avaient toujours rabaissé le produit local, que la scolarisation avait perdu son rôle éducatif et de tremplin certain pour les pauvres, que le dénigrement du savoir et de la connaissance sont devenus une règle à même les médias officielles, que l’ancien régime ancien avait bien entretenu la mentalité de l’arnaque et du gain facile, que le chômage, la pauvreté, la cherté de la vie, les exigences excessives pour le mariage et la vie normale, que la société perd toutes les réussites personnelles traditionnelles et se fixe sur celle de l’émigration au point de célébrer des fêtes lors de l’obtention de papiers ou de nationalité étrangère, Que plusieurs parents au lieu d’éduquer leurs enfants à la tempérance, l’intégration, l’éducation et la mesure des risques, les accompagnent, quelques fois malgré eux, par des youyou et des souhaits fantaisistes, Que ce jeune même, n’a jamais été respecté, jamais reconnu en tant que tel avec ses différences s’il en avait, jamais entendu un bon mot ni à la maison, ni à l’école et encore moins dans la rue, jamais considéré digne même pauvre et poussé à devenir un boulet à canon pour la richesse et l’opulence fictive…que ces mêmes sous victimes, les parents, suivaient l’itinéraire de leurs enfants sur la route de la mort, l’amertume dans l’âme…pour blâmer quand sa foire, l’autre, pendant que toutes les parties sont responsables et condamnables. - Les émigrés clandestins : Comme on l’a dit avec les parents, les enfants sont aussi malmenés entre la lassitude des écoles, l’absence d’emplois, la pauvreté générale, l’attraction irrésistible de tout le monde vers les pays du nord, l’absence d’horizons « légaux » et pataugent dans l’auto suggestion du risque zéro. Comme ils baignent dans le parcours conceptuel collectif, comme toute la société à plus grande dimension, on ne peut les blâmer individuellement tant leurs élans sont pour le bien être et répondent pour certains à un reflexe de survie et d’échappatoire, une façon de sortir d’un goulot d’étranglement réducteur et partial, hérités par un assujettissement constant à travers l’histoire moderne. Rependant à cet appel, allant dans le sens du sociétal, suivant les pressions de l’ambiant économique et humain et surtout les pressions des parents, l’émigré clandestin, emporté aussi par un faux espoir, se laisse faire jusqu’au bout par les éléments d’un drame potentiel et fortement possible. Sans minimiser l’impact de cette catastrophe, qui n’est ni la première ni la dernière, le libre arbitre, la liberté même et la marge d’action, étaient très réduis pour les Harraga, délestés de leurs portables, isolés dans des ghettos de concentration et exténués par de longues attentes, dans une préparation esclavagiste programmée. Dés le paiement et l’acceptation du contrat tacite de transport, les jeunes devenaient l’otage exclusive des passeurs et devaient obéir aveuglement au risque de se voir jeter dans la mer. Dans cas de figure, ils étaient en petits nombres ramenés d’endroits épars vers le bateau collecteur invisible aux abords de Kerkennah. Depuis ce moment, ils étaient à la merci des événements, les circonstances, l’organisation et les caprices des passeurs et du capitaine du Bateau. Ce bateau qui était en grande surcharge, prenait de l’eau et ne pouvait assurer cette croisière macabre. A un moment de désespoir, le capitaine fit une manœuvre de déséquilibre et quitta précipitamment l’embarcation qui se renversa sur la majorité des ses occupants. Il parait que plusieurs d’agrippèrent à la coque pendant que les secours appelés à vingt trois heures, ne parvinrent que tôt le matin, après cinq heures perdus à attendre. Il parait qu’une petite barque de pêche, aurait sauvé quelques uns, deux par deux jusqu’à la cote. Quatre vint et un corps fut repêché jusqu’aujourd’hui et presque une cinquantaine reste à encore à trouver dans la petite syrte. L’un des rescapés avait affirmé que c’était sa sixième tentative et compte encore essayer de partir par la mer, une affirmation qui témoigne de l’ampleur de l’acculturation, le degré de sacralisation du nord et la soumission inconditionnelle à un leurre effectif. - Les passeurs : Il en existe partout dans le monde et surtout dans les zones frontalières et autours des ports où des personnes visiblement normales répondaient aux opportunités de gagner de l’argent fournis par les conjonctures d’insécurité, de chaos et de flux migratoire. C’étaient les circonstances qui faisaient les passeurs qui pour gagner de l’argent facile, se convertissaient de leurs métiers habituels en organisateurs et pourvoyeurs de services de traversées par la mer. On était témoin de ces démarches quand des gens respectables et riches organisaient des voyages devant tout le monde, mobilisant toute une série de rabatteurs en voitures de location, louant des maisons à coté de la mer pour le rassemblement et l’attente, et travaillant en plein jour devant tout le monde. C’était en 2011 et devant l’impuissance de la société civile, les autorités, submergées par ces flux d’hommes, se limitaient à vérifier l’état navigable de l’embarcation destinée aux voyages. De ce point de vue et pour rester fidéle à l’approche objective de cet écrit, chaque métier aussi hors la loi soit il, a son code moral, son code d’honneur et il y a bien des limites à respecter dans toutes les conditions. Pour cela, par exemple, des passeurs « réguliers », ne feront jamais montés leurs clients dans des embarcations qui prennent de l’eau ou les surchargent dangereusement, à moins qu’ils soient des amateurs affamés de gain facile et d’argent. Loin au-dessus de l’incrimination affective ou les états d’âmes contre productifs, il aurait suffit que chaque partie fasse convenablement sa tâche et la justice humaine et divine trancheront. Il serait aussi cynique de dire que le risque faisait parti de l’aventure, mais si chaque partenaire avait fait son travail, seulement son travail, il n y aurait pas eu de victimes et la loi aurait fait son travail aussi, qu’elle évite souvent. - Les autorités : Dans le cas de l’accident majeur de Kerkennah, l’attitude de ces derniers était flagrante et résume un comportement ancien d’incompétence et d’amateurisme cynique. Des gens qui affluaient sur la région, des bateaux mobilisés, des portables vibraient, des étrangers qui défilaient, des rumeurs qui circulaient et encore plus, quand on les appelait au secours ils ne répondaient qu’après cinq heures complètes. Une véritable non assistance à personnes en danger car il suffisait à chaque partie de faire son « p » de travail pour lequel elle était rémunéré. Pour la mémoire, on était habitué à ce genre de comportement depuis des décennies car à chaque fois que les pécheurs avaient un accident quelconques ou pendant les tempêtes, personne n’était là pour les aider et meurent en mer. Le bateau des secours est en panne, l’hélico ne peut sortir dans les mauvaises conditions, on ne peut pas braver la tempête, on va y aller…une série d’arguments aussi stupides les uns que les autres pour arriver à l’argument de « on ne sait pas nager ». Alors, pendant une nuit de Ramadan, il fallait bien digérer le ftour et le shour, après on verra. Bien sur, le laxisme politico judiciaire, les traditions arriérés du secourisme en mer et le cynisme de certains stratèges démographiques débiles, avaient laissé leurs empreintes irrévocables et répréhensibles. Ce laxisme structurel, retraçable depuis les autres incidents en mer de collision avec des bâtiments de la marine faisant plusieurs victimes dans des conditions très douteuses. Une constance irresponsable, qui même au dessus des secrets d’état, est inacceptable. - Le pays d’accueil : malgré le fait que ces jeunes ne sont pas parvenus à l’autre coté, au moins cette fois, les effets de l’attraction vers le nord pour un devenir meilleur se confirment et invitent à considérer ces pays comme partenaires concernés par l’émigration en général. Depuis des siècles canalisant les ressources naturelles des pays pauvres, préparant le terrain humain pour le consumérisme, l’improductivité et l’acculturation, rabaissant toutes les valeurs locales au profit d’une polarisation irrésistible vers le nord, l’occident actuel, auto emmuré de plusieurs façons, glissant fâcheusement en avant, devrait composé réellement à la solution de cette situation tragique. Les masses humaines, tendront et tendront encore vers l’Europe, vers les pays nantis, qui au lieu de faire la police instrumentaliste du jour le jour, devraient sortir de leur forteresse pour chercher à résoudre le problème. - Conclusion : Devant ce drame monumental et la nécessité d’en faire une date limite à certaines faiblesses structurelles et incohérences sociales, il y a lieu de souligner les points suivants : • Réviser le système éducatif officiel et l’encadrement parental, vers plus de dignité et de respect aux jeunes tels qu’ils sont. • Arrêter avec l’idée traditionnelle de faire exclusivement des enfants un moyen d’enrichissement au détriment d’un parcours régulier d’éducation et de vie normale. • Arrêter de pousser les jeunes à devenir riches par tout les moyens et essayer de leurs faciliter la vie par des couts de mariages et d’établissement moins chers. • De les éduquer à penser que le bonheur n’est pas forcément ailleurs. • D’appeler à ce que chaque partie fasse son travail pour lequel elle est payée et se taire si elle ne propose pas plus. • D’habituer les jeunes à mesurer les risques et ne point se laisser faire et avoir. • Décompresser la vie vers de meilleurs horizons diversifiés, humbles et multiples. • Déconstruire la mentalité rétrogradant de « Mhaff » « Wild nabba » véhiculée et prépondérante pendant l’ancien régime et jusqu’à nos jours. • Dénoncer touts les contrevenants à la loi et constituer un barrage à la corruption, le terrorisme, la drogue et la violence en général. • Amener les parents des victimes de la Harga à devenir des militants pour la cause afin de convaincre et dissuader les jeunes de cette entreprise périlleuse. • Travailler le code moral et la déontologie comportementale de chaque discipline même illégale, afin de contenir et prévenir les drames. • Inviter les revenants de l’émigration à moins de provocation aux jeunes citoyens et ce en réduisant les exhibitions de richesses sur les plages, les routes et dans les mariages. A la fin, en tant que militant écologue et humanitaire depuis vingt ans, ayant suivi le problème de la Harga dans le cadre de l’action mémoire de la mer et de l’homme, ayant écrit un livre « Mamadou et le silence de la mer » sur le sujet, je ne peux que faire mes condoléances aux parents des victimes paix et leurs âmes, et les invite à considérer et comprendre les écarts d’objectivité et de responsabilisation pour la cause. Lihidheb Mohsen 09.06.18

Monday, June 4, 2018

Encore des victimes.

Encore un drame comme touts les jours, encore les mêmes, les mêmes qui trinques de l'eau de mer, qui se soulent de la bêtise humaine, qui perdent la vie bêtement sous nos regards tous, avec notre complicité, notre non assistance à personnes en danger, nos compromis dévastateurs, notre silence à taire et faire taire une destruction de masse, un crime contre l'humanité, comme il y en a tant d'autres au point de devenir un fait accompli, des jeunes et moins jeunes qui rependaient à l'appel de l'émigration écologique, l'émigration économique et tendent vers un monde meilleur, un bien être régulier, une vie acceptable à le sueur de leurs fronts, un climat plus favorable et moins désert et désertifié'?'des jeunes qui ne sont pas de criminels, ni de mauvais « sujets », qui voulaient améliorer leur situation et celle de leurs familles, qui n'étaient pas partis pour faire la guerre ou servir des agendas politique douteuses'?'.Alors, à ces bonhommes, dont plusieurs périrent, hier, le 03.05.18 au large des '?les Kerkennah, tout le soutien et toute la solidarité et paix aux âmes des victimes. Lihidheb Mohsen 04.06.18

Wednesday, May 16, 2018

Au cimetière des inconnus de la Hargua Zarzis.

Dans le cadre d’une tradition de nettoyage et d’entretien du cimetière des inconnus et sur proposition de l’activiste du croissant rouge Si Chamseddine Marzouk, avec la collaboration directe de l’action mémoire de la mer et de l’homme et l’association Zarzis El Ghalia, plusieurs personnes sont venus de partout, de Djerba, de Zarzis, avec leurs pelles, leurs pioches et beaucoup de volonté pour le nettoyage et l’entretien de l’endroit. Il faut dire, que l’espace avait été investi par le « ghassoul », une plante envahissante et très répandue tout autour et qui servait pour la fabrication de savon traditionnel. Tout le monde se mit au travail avec une grande ferveur et une compassion sincère vis-à-vis des victimes de la Harga. Plusieurs journalistes étaient aussi présents, dont celle la radio Mouja FM et une bloggeuse de Djerba. En défrichant le cimetière, des ossements humains furent découvert, car ensevelis à la va vite par le tractopelle municipal et un nouvelle tombe fut creusé pour honoré ce morceau de cadavre humain. Il pleuvait un peu et le hasard avait fait bien les choses, car normalement, on ne peut supporter le chaleur torride même à neuf heures du matin. Toutefois, je suis resté jusqu’à une heure trente, à réinstaller la configuration artistique dédié aux résidents de cet endroit et qui consistait en un cœur formé par des bouées noirs et blanches, signe de solidarité et de compassion au dessus des couleurs et des différences. Certains, avaient trouvé un gros scorpion, visiblement encore en hibernation, qu’on ménagea et mit de conté dans un buisson. La fougue était là, la passion était là….et le sentiment de solidarité et d’humanité était général. Le cimetière était bien nettoyé, quelques plantes furent irrigués en plus de la pluie et Chams avait commandé une citerne d’eau pour les petits arbres. En attendant, le nouveau cimetière et des conditions plus dignes et plus organisées, paix à toutes les victimes et merci à tous. Lihidheb Mohsen 16.05.18